Haïlé Sélassié Ier
| Haïlé Sélassié Ier ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ | |
Haïlé Sélassié Ier en 1971. | |
| Titre | |
|---|---|
| Empereur d'Éthiopie | |
| 3 avril 1930 – 12 septembre 1974 (44 ans, 5 mois et 9 jours) | |
| Couronnement | 2 novembre 1930 en la cathédrale Saint-Georges d'Addis-Abeba |
| Premier ministre | Lui-même Wolde Tzaddick Mekonnen Endelkachew Abebe Aregai Imru Haile Selassie Endelkachew Makonnen Mikael Imru |
| Prédécesseur | Zewditou |
| Successeur | Aman Mikael Andom (de facto, président du Derg) |
Régent d'Éthiopie Prince héritier d'Éthiopie | |
| 27 septembre 1916 – 2 avril 1930 (13 ans, 6 mois et 6 jours) | |
| Prédécesseur | Lidj Iyasu |
| Successeur | Asfaw Wossen Tafari (prince héritier) |
| Gouverneur du Hararghe | |
| 3 mars 1910 – 13 août 1916 6 ans, 5 mois et 10 jours | |
| Monarque | Menelik II / Iyasou V |
| Prédécesseur | Dejazmatch Balcha Safo |
| Biographie | |
| Titre complet | Roi des rois d'Éthiopie, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de la Tribu de Judah, Lumière du Monde, Élu de Dieu |
| Dynastie | dynastie salomonide |
| Nom de naissance | Tafari Mekonnen |
| Date de naissance | 23 juillet 1892 |
| Lieu de naissance | Ejersa Goro, province du Harar, empire d'Éthiopie |
| Date de décès | 27 août 1975(à 83 ans) |
| Lieu de décès | Addis-Abeba (Éthiopie) |
| Père | Ras Mekonnen Welde Mikaél |
| Mère | Yeshimebet Ali Abba Jifar |
| Conjoint | Menen Asfaw |
| Enfants | Princesse Romanework Princesse Tenagnework Prince Asfaw Wossen Princesse Tsehaywork Princesse Zenebework Prince Makonnen Prince Sahle Selassie |
| Héritier | Amha Selassié (de jure, couronné en exil) |
| Religion | Église éthiopienne orthodoxe |
| Résidence | palais Guenete Leul, palais du Jubilé |
Présidents du Conseil des ministres d'Éthiopie Monarques d'Éthiopie | |
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Tafari Makonnen (ge'ez : ተፈሪ መኮንን .mw-parser-output .prononciation>a{background:url("//upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/8a/Loudspeaker.svg/11px-Loudspeaker.svg.png")center left no-repeat;padding-left:15px;font-size:smaller}Écouter), né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, une ville de l'Empire d'Éthiopie, et mort le 27 août 1975 à Addis-Abeba, a été le dernier empereur d'Éthiopie de 1930 à 1936 et de 1941 à 1974. Il règne sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (ge'ez : ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ Écouter « Puissance de la Trinité »).
La plupart des rastas le considèrent comme le « dirigeant légitime de la Terre » (Earth's rightful ruler) et le Messie, en raison de son ascendance selon la tradition éthiopienne de la dynastie dite « salomonide », qui remonte aux rois Salomon et David par la reine de Saba.
Haïlé Sélassié Ier n'a jamais reconnu l'occupation italienne de son pays, entre 1935 et 1941, et considérait qu'il régnait encore pendant cette période, niant l'administration coloniale italienne.
Sommaire
1 Biographie
1.1 Enfance et famille
1.2 Une lente ascension vers le trône
1.2.1 L'apprentissage du pouvoir
1.2.2 Régent et héritier du trône
1.3 Un couronnement retentissant
1.4 Une politique de modernisation de l'empire
1.5 Seconde Guerre italo-éthiopienne et retour d'exil
1.6 Un homme d'État africain
1.7 Développement et crise
1.8 Chute de l'empereur
1.9 Bilan du règne
1.9.1 Exil
2 Résidences impériales
3 Le ras Tafari et les Rastafariens
4 Distinctions
4.1 Titres éthiopiens
4.2 Titres rastafariens
4.3 Titres étrangers
4.4 Décorations
4.5 Intitulés
5 Notes et références
5.1 Notes
5.2 Références
5.3 Bibliographie
5.3.1 Sources
5.3.2 Ouvrages généraux
5.3.3 Ouvrages spécialisés
5.3.4 Articles
5.4 Jeux vidéo
5.5 Articles connexes
5.6 Liens externes
Biographie |
Enfance et famille |
Tafari Makonnen est né le 23 juillet 1892 à Ejersa Goro, dans la province du Harar dans l'est de l'Éthiopie. Täfäri (ተፈሪ) signifie « celui qui est redouté » et Mäkwännen (መኰንን), le nom de son père, signifie « grand, noble ». Il prend un nom de règne le 3 avril 1930, lors de son accession au trône d'Éthiopie.
Lidj Tafari et son père, ras Makonnen.
Son père est le ras Makonnen, gouverneur du Hararghé. Sa mère, woyzero Yeshimebet Ali Abba Jifar, meurt du choléra le 14 mars 1894 alors qu'il n'a pas encore deux ans[1]. Son père meurt le 21 mars 1906, laissant Tafari, âgé de 14 ans, aux bons soins de l'empereur Menelik II[2].
Jeune homme intelligent, il reçoit une éducation complète et ouverte sur l'extérieur, profitant de ce que le Harar devient la porte du pays avec la construction du chemin de fer qui atteint Dire Dawa en 1902. Dans son entourage se trouve monseigneur André Jarosseau, évêque capucin français et vicaire apostolique de Harar qui avait acquis la confiance de son père dès les premières années de son séjour au Hararghé[3],[4]. En 1906, le « père André » dépêche auprès du jeune homme un précepteur d'origine éthiopienne, séminariste catholique à Harar : ato Samuel[Note 1] qui resta auprès de lui durant dix années[5]. Tafari en garde une bonne connaissance du français qu'il avait commencé à apprendre auprès du docteur Joseph Vitalien[5].
Le 3 août 1911, Tafari, âgé de 19 ans, épouse en secondes noces Menen Asfaw, fille du jantirar Asfaw d'Ambassel et petite-fille par sa mère du ras Mikaél du Wollo[6]. Tafari et Menen eurent six enfants :
- la princesse Tenagnework ;
- le prince Asfaw Wossen, prince héritier (couronné en exil, après la révolution, sous le nom d'Amha Selassie) ;
- la princesse Tsehaywork ;
- la princesse Zenebework ;
- le prince Makonnen, duc de Harar ;
- le prince Sahle Selassie.
Haïlé Sélassié a également une fille issue de son premier mariage :
- la princesse Romanework.
Une lente ascension vers le trône |
L'apprentissage du pouvoir |
Jugé trop jeune, en ce mois de mai 1906, pour succéder à son défunt père au gouvernorat de Harar, le jeune dejazmatch, nommé par l'empereur gouverneur de la province du Selalé, s'installe au gebbi impérial pour y continuer sa formation[7]. Il profite de son long séjour à Addis-Abeba pour rencontrer diverses personnalités politiques et religieuses, pour acquérir de l'expérience dans le traitement des affaires politiques et administratives et pour se familiariser avec la modernité de la capitale impériale[8]. Après la mort de son frère le dejazmach Yelma, en octobre 1907, qui avait été nommé gouverneur de Harar, Tafari récupère le gouvernorat de la province du Sidamo où il se rend effectivement pour y exercer son mandat et rendre la justice[9]. Un an après son arrivée, Tafari, ayant appris que l'empereur était gravement malade, rentre à Addis-Abeba, en avril 1909. Il se retrouve alors au milieu d'intrigues liées à la succession de Ménélik, devenu incapable de parler ou de se mouvoir à partir du 28 octobre 1909. L'impératrice Taytu tenta de s'imposer mais c'est le ras bitwaddad Tässäma Nado qui réussit à se positionner comme régent plénipotentiaire, offrant la perspective du trône au petit-fils de Menelik II et cousin de Tafari, ledj Iyasu. C'est dans ce contexte qu'il obtient enfin le gouvernorat de son père, dans le Hararghe, le 3 mars 1910[10], non sans avoir conclu auparavant un pacte avec son cousin, en présence de l'abouna Mattewos. Celui-ci avait pour but, d'une part, d'écarter toute tentation de Tafari, issu de la dynastie salomonienne, de briguer le trône impérial et, d'autre part, d'éviter qu'Iyasu ne s'en prenne à lui en l'accusant de rivalité ou en cherchant à lui enlever son gouvernorat[11]. Le 12 mai 1910, Tafari fait son entrée dans Harar, accueilli par la population et les membres du Corps diplomatique présents dans la ville. Durant les années qui suivent, il entreprend de réformer l'administration politique, fiscale et militaire de sa province, et d'en moderniser l'économie, dans un territoire en contact direct avec les puissances européennes[12]. Il donne aussi des gages de bonne volonté au régent et à son cousin prouvant, par son mariage avec wäyzäro Menen, la nièce d'Iyasu, qu'il n'était pas une menace pour le trône[6].
Après la mort du ras bitwäddäd Tässäma, le 10 avril 1911, les rapports entre Tafari et Iyasu se dégradent progressivement[13]. Le prince héritier néglige les affaires politiques de l'empire et, fuyant le poids exercé par le clergé du Shewa, séjourne longuement à Harar où il ne cache pas ses préférences pour l'islam et la population musulmane[14], cherchant à déstabiliser Tafari au sein de sa province. Ainsi, le 13 août 1916, Iyasu réassigne Tafari à la province du Kaffa et décide d'assumer lui-même le gouvernorat de Harar[15]. Présent à Addis-Abeba et refusant de se rendre dans le sud de l'empire, Tafari assiste, sans trop y prendre part, à la planification d'un coup d'État contre Iyasu, installé à Harar[16].
Régent et héritier du trône |
Tafari Makonnen le jour de son investiture comme prince héritier
Le 27 septembre 1916, lij Iyasu est déposé par une assemblée de nobles avec l'accord du patriarche de l'Église, accusé de s'être converti à l'islam et d'être apostat[17],[18]. Selon certaines analyses, l'accession au pouvoir de Tafari Makonnen résulte d'un soutien par les ambassades occidentales, qui explique le coup d'État contre Iyasu[19]. Quoi qu'il en soit, la France et la Grande-Bretagne, qui venaient de protester contre l'appui non dissimulé de Iyasu aux Empires centraux, soutiennent la démarche[20].
La fille de Ménélik II et tante d'Iyasu, Zewditou est proclamée impératrice d'Éthiopie sous le nom de Zewditou Ire et son cousin Tafari, prince héritier (alga-wärash) et régent de la couronne (endärassié).
Un couronnement retentissant |
Ras Tafari Makonnen en 1923.
En tant que régent, ras Tafari exerça la réalité du pouvoir durant le règne de Zewditou. Il porte le titre de negus du 7 octobre 1928 au 2 avril 1930, date du décès de l'impératrice. Il peut dès lors être couronné empereur (negusä nägäst), ce qui fut fait le 2 novembre 1930 sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (pouvoir de la Trinité) lors d'une cérémonie organisée à la Cathédrale Saint-Georges d'Addis Abeba[21]. Il reçoit à cette occasion les titres de roi des rois d'Éthiopie, seigneur des seigneurs, lion conquérant de la tribu de Juda, lumière du Monde, élu de Dieu (Gärmawi Qädamawi Haylä Sellassé, negusä nägäst zä'Ityopya, moa anbessa zä'emnägädä yehuda, berhanä aläm, seyumä Egziabhér).
Une politique de modernisation de l'empire |
Timbre montrant Haïlé Selassié s'adressant par radio à l'empire en 1933 (publié en 1971).
Haïlé Sélassié poursuit la politique de modernisation progressive lancée par Ménélik II. Il obtient l'admission de l'Éthiopie à la Société des Nations en 1923 et réalise une première tournée diplomatique en Europe en 1924[22]. Il décrète la première constitution du pays en 1931. Comme ses prédécesseurs, il tente officiellement de supprimer la pratique de l'esclavage dans le pays par des décrets pris en 1918 et 1923[23].
Seconde Guerre italo-éthiopienne et retour d'exil |
Haïlé Sélassié Ier à son bureau du palais de Le'ul Guenet, dans les années 1940.
La SDN réagit faiblement lors de l'invasion italienne de 1935 qui provoque la seconde guerre italo-éthiopienne. Il s'exile en Angleterre après s'être rendu, en juin 1936, à la SDN, où il prononce un long discours dans le but d'être soutenu : « Je suis venu en personne, témoin du crime commis à l'encontre de mon peuple, afin de donner à l'Europe un avertissement face au destin qui l'attend si elle s'incline aujourd'hui devant les actes accomplis »[24]. Mais les puissances occidentales ne sont pas enclines à prendre des risques pour l'Éthiopie en 1936, et le Négus quitte le palais des Nations en « roi nègre sans trône »[25]. Il vit à Bath du 5 mai 1936 au 5 mai 1941. Dans son exil, il reçoit une lettre de la future reine d'Angleterre, la princesse Élisabeth, qui note : « Je pense à vous et je vous admire »[26].
Les Éthiopiens occupés gardent une certaine amertume à la suite de l'exil volontaire du Négus à Bath car celui-ci avait juré publiquement de verser son sang pour l'Éthiopie, alors qu'il a passé toute la durée de la guerre hors du pays[19].
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale permet la reconquête rapide du pays par les Britanniques secondés par des Français libres (emmenés par le commandant Monnier) attaquant au nord, tandis que les forces belges venues du Congo belge attaquent au sud et battent les Italiens qui se rendent à Assosa. Haïlé Sélassié recouvre alors une totale souveraineté sur l'Éthiopie, sans pour autant que celle-ci soit considérée par les Alliés comme « co-belligérante » et « puissance victorieuse », statut réservé aux « Quatre grands » : États-Unis, Grande-Bretagne, URSS et France gaulliste.
Un homme d'État africain |

Haïlé Sélassié Ier en visite officielle à Washington, le 1er octobre 1963.
Entretenant de bonnes relations avec le président américain Franklin Roosevelt, qu'il avait rencontré le 13 février 1945 sur le USS Quincy en Égypte[27],[28], et ses alliés, l'empereur obtient l'entrée de l'Éthiopie dans l'ONU dès sa fondation. Bien que soutenu par les États-Unis, Haïlé Selassié se rapproche des non-alignés pendant la Guerre froide, participant à la conférence de Bandung.
En conflit avec l'Égypte nassérienne, en particulier sur la question du contrôle des eaux du Nil, il est soucieux d'ancrer l'Éthiopie dans l'Afrique. Il œuvre à la création d'une organisation panafricaine. Lorsque l'Organisation de l'unité africaine (OUA), devenue depuis l'Union africaine, est fondée en 1963 à son instigation, elle établit son siège à Addis Abeba[29].
Développement et crise |
En décembre 1960, à la suite d'une tentative de coup d'État à laquelle fut mêlée le prince héritier Asfaw Wossen, il poursuit une politique plus conservatrice, alignant l'Éthiopie sur l'Occident contre les gouvernements africains plus radicaux, tout en initiant quelques réformes timides. Il souhaite moderniser le pays sans avoir à réformer. C'est l'un des arguments principaux des étudiants : « On ne peut développer un pays uniquement en construisant des usines modernes, sans donner la terre aux paysans et en pratiquant le népotisme »[19].
Il remplace ras Abebe Aregai, le Premier ministre abattu lors du putsch, par Aklilu Habte-Wold, qui reste à cette fonction jusqu'en 1974, cumulant à partir de 1964 le portefeuille de l'Intérieur. Progressivement, Haïlé Sélassié se consacre à la scène internationale pour laisser son Premier ministre s'occuper des affaires intérieures.
Il envoie des troupes éthiopiennes participer à l'Opération des Nations unies au Congo lors de la crise congolaise de 1960.
En 1962, à la suite d'un vote contesté du parlement érythréen, l'Éthiopie annexe l'Érythrée, ancienne colonie italienne avec qui elle était fédérée depuis 1952 par la résolution 390 de l'ONU de 1950[30]. Cette décision conduit à la création de mouvements armés qui mènent une guerre d'indépendance. Elle se termine avec le renversement du gouvernement militaire éthiopien en 1991 et l'indépendance de l'Érythrée en 1993.
Il préside en 1963 l'Organisation de l'unité africaine, dont le siège est établi à Addis-Abeba. Avec le président malien Modibo Keïta, il parvient à convaincre le Maroc et l'Algérie de conclure les accords de Bamako (1964), mettant fin à la guerre des sables. À la suite de conflits avec la Somalie à propos de l'Ogaden, territoire éthiopien peuplé majoritairement de Somaliens, il signe un traité de défense mutuelle en 1964 avec le premier ministre kényan Jomo Kenyatta.
Chute de l'empereur |
En février 1974, des manifestations étudiantes et des mouvements de grève chez les enseignants, chez les chauffeurs de taxi puis d'autobus touchent la capitale[31]. L'armée elle-même s'en prend aux membres du gouvernement, réclamant le départ du premier ministre Aklilu Habte-Wold, des officiers et sous-officiers demandant un relèvement de leur solde et contestant l'autorité de leurs généraux. Accédant à la demande des enseignants, puis procédant à des arrestations, le gouvernement peine à calmer les troubles qui s'étendent à l'Érythrée à partir du 26 février 1974, où des officiers prennent le contrôle de lieux stratégiques[32]. Le lendemain, l'armée prend le contrôle de l'aéroport, de la gare, des télécommunications et des principales banques d'Addis-Abeba. Démissionnaire, le premier ministre Aklilu est remplacé par ledj Endelkachew Makonnen, perçu comme un homme libéral et cultivé, le 28 février 1974[33]. Aux mois de mars et d'avril, des mouvements de grève touchent l'ensemble du pays et paralysent les secteurs d'activité vitaux (chemins de fer, port d'Assab, textile, cimenteries, compagnies pétrolières, aviation civile, administrations, télécommunications) ainsi que l'Université d'Addis-Abeba[34].
Le 25 avril 1974, une délégation militaire demande à l'empereur d'établir l'état d'urgence puis, sans attendre la réponse du souverain, investit les locaux du gouvernement. Le 27 avril 1974, les membres du gouvernement Aklilu sont arrêtés, tandis que des membres du comité de coordination militaire tiennent une conférence de presse et contrôlent les actes du gouvernement Endelkachew[35]. Les apparences du pouvoir impérial sont maintenues jusqu'en septembre 1974, les comités militaires successifs affirmant leur loyauté envers l'empereur durant ces quelques mois. La dernière intervention publique d'Haïlé Sélassié a lieu le 5 mai 1974, à l'occasion de la commémoration de la fin de l'occupation italienne trente-trois ans plus tôt. Appelant à l'unité nationale, il critique la dissidence de membres de l'armée « contre le souverain et le peuple éthiopien »[36].
Le comité de coordination militaire procède, au début du mois de juillet 1974, à des arrestations de ministres et de membres de l'aristocratie. Le 5 juillet 1974, il prend le nom de Comité national militaire, ou Derg, après avoir obtenu de l'empereur la nomination du général Aman Mikael Andom comme chef d'état-major général[37]. Il adopte une doctrine officielle d'inspiration marxiste-léniniste, diffusée à la presse et aux ambassades étrangères, et un slogan : « Ethiopia Tikdem » (Éthiopie d'abord). Durant les semaines qui suivent, les arrestations se multiplient, et le premier ministre Endelkachew est contraint à la démission le 22 juillet 1974.
Gontran de Juniac explique comment le Derg et la Commission d'enquête, créée le 19 juillet 1974, organisèrent une campagne de dénigrement contre l'empereur à compter du mois de septembre 1974. Reprochant au gouvernement de n'avoir pas organisé les secours vers les régions touchées par la sécheresse, les nouvelles autorités font afficher le 2 septembre, dans la capitale, des photographies le représentant en train de nourrir ses chiens, à côté d'un squelette symbolisant la famine ayant sévi au Wollo[Note 2]. Ces images firent ensuite le tour de la presse internationale, contribuant ainsi à dégrader l'image du souverain dans l'opinion. La campagne se poursuivit, brocardant les richesses de la famille impériale puis l'âge avancé du souverain et la démocratie de façade mise en place par la constitution de 1955, jusqu'à la destitution de l'empereur, le 12 septembre 1974 qui se déroule dans le palais du Jubilé, renommé « Palais du Peuple » en août 1974[38]. La constitution est alors suspendue, le parlement dissous et la loi martiale est proclamée[39].
Ce coup d'État révolutionnaire provoque des réactions variées dans le monde. Une majorité des États de l'OUA exprime sa désapprobation vis-à-vis de l'armée éthiopienne, tandis que les pays européens insistent sur les précautions à prendre quant aux conditions de détention d'Haïlé Sélassié Ier. Dans le contexte de la guerre froide, la Chine salue un mouvement non-aligné porté par les masses populaires[40]. Ce n'est que le 17 mars 1975 que le Derg décide d'abolir la monarchie. Entretemps, le général Tafari Benti et le colonel Mengistu Haile Maryam sont devenus les hommes forts de l'Éthiopie.
Les médias relayèrent la nouvelle de la mort de l'empereur en prison le 27 août 1975, évoquant tantôt les complications d'une opération de la prostate, tantôt une mort par strangulation, mais le régime communiste empêchant toute enquête indépendante, il ne fut pas possible de vérifier les circonstances de sa mort, considérée parfois comme un assassinat[41]. Sa dépouille est dissimulée dans les soubassements du palais impérial, où elle est découverte en 1992, un an après la chute du régime de Mengistu défait en 1991[42].
Bilan du règne |
Sarcophage de l'empereur, de style axoumite
Le corps de Haïlé Sélassié, dont les restes momifiés ont été retrouvés en 1992, repose depuis 2000 dans la cathédrale de la Sainte-Trinité à Addis-Abeba[43], où d'autres membres de sa famille sont aussi inhumés, notamment l'impératrice Menen. L'édifice avait été érigé près du gebbi dans les années 1930 et 1940 par Haïlé Sélassié pour devenir son lieu de sépulture, mais aussi pour être le symbole de l'indépendance de l'Église tewahedo orthodoxe, ainsi que le lieu de mémoire des patriotes éthiopiens tués pendant l’occupation italienne. Pendant dix ans, le corps de Haïlé Sélassié demeure dans l'église de Bhata, le mausolée de Ménélik II. Les funérailles de l'empereur, organisées le 5 novembre 2000 par la « Emperor Haile Selassie I Foundation », en présence de l'abouna Paulos, ont rassemblé environ 7 000 spectateurs, parmi lesquels d'anciens combattants de 1935 à 1941, et des membres de la communauté rastafarienne, dont Rita Marley.
Le gouvernement éthiopien de Meles Zenawi a refusé la tenue de funérailles d'État, critiquant le souverain pour l'oppression et la brutalité ayant caractérisé son règne durant 45 années[42]. D'autres critiques renvoient au mode de vie fastueux de la cour impériale, en dépit de la situation de malnutrition chronique et des famines ayant touché le pays, notamment en 1973.
Exil |
Après un exil de plusieurs années au Royaume-Uni, la famille impériale revient en Éthiopie en 2000[réf. nécessaire].
Résidences impériales |
Les principales résidences de l'empereur sont le palais Ménélik, le palais Guenete Leul et le palais du Jubilé.
Le ras Tafari et les Rastafariens |
Le fait que l'Éthiopie soit le seul État africain à avoir résisté à la colonisation européenne, et qu'elle soit chrétienne depuis 1 500 ans, fait d'Haïlé Sélassié, aux yeux des rastafariens (groupe qui s'est développé dans les années 1930 en Jamaïque sous l'influence du mouvement « Back to Africa » (Retour vers l'Afrique ou Repatriation) de Marcus Garvey et Leonard Percival Howell) une sorte de « messie noir » montrant à la diaspora et aux peuples africains les voies de la liberté.
Haïlé Sélassié, chrétien orthodoxe pratiquant, n'a pas reconnu les croyances rastafari. Il souhaitait convertir les rastafariens au christianisme tewahedo éthiopien. Avant sa visite d'État en Jamaïque, le 21 avril 1966, des rastafariens présents dans des pays d'Amérique centrale ont été reçus en Éthiopie. Après son passage, l'Église éthiopienne orthodoxe s'installe dans l'île pour convertir les rastafariens, avec un succès limité. Cependant, une communauté jamaïcaine s'installe en Éthiopie, à Shashamané[44].
La chanson War de Bob Marley, sur l'album Rastaman Vibration, s'inspire du discours prononcé le 4 octobre 1963 par Haïlé Sélassié devant l'Assemblée générale des Nations-Unies à New York [45],[46],[Note 3].
Entre 1974 et 1991, le mouvement rastafarien était très mal vu du régime communiste du général Mengistu, qui les considérait comme des royalistes à expulser. De nos jours, il reste moins de cinquante rastafariens en Éthiopie, présents surtout à Shashamané. Certains sont originaires de Jamaïque, les autres sont issus de plus de dix pays du Commonwealth britannique. Entre 1966 et 2011, plus de 250 Rastafariens sont partis de l'Éthiopie pour rentrer dans leur pays.[réf. nécessaire]
Distinctions |
Titres éthiopiens |
- Empereur d'Éthiopie ou Negusa Nagast (Roi des Rois)
- Seigneur des Seigneurs
- Lion Conquérant de la Tribu de Juda
- Élu de Dieu
- Défenseur de la Foi
- Lumière du Monde
Titres rastafariens |
- Chef de l'Ordre Ancien de NyaBinghy
- Grand Prêtre selon l'Ordre de Melchisédech
Titres étrangers |
- Maréchal à titre honorifique de l'armée britannique (1965)
- Docteur en droit de l'université de Cambridge
- Docteur en droit civil de l'université d'Oxford
Décorations |
Intitulés |
Allemagne
- Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (1954)
Belgique
- Grand Cordon de l'ordre de Léopold, 1924
Bolivie
- Collier de l'ordre national du Condor des Andes
Brésil
- Grand-Collier de l'ordre de la Croix du Sud
Danemark
- Chevalier de l'ordre de l'Éléphant, 1954
Espagne
- Collier et grand-croix de l'ordre de Charles-III
États-Unis
- Commandeur en chef de la Legion of Merit 1945
Éthiopie
- Grand cordon de l'ordre de Salomon, 1930
- Grand-croix de l'ordre de la Reine de Saba.
- Grand-croix de l'ordre de la Sainte Trinité.
- Grand-croix de l'ordre de l'Empereur Ménélik II.
- Grand-croix de l'ordre de l'Étoile d'Éthiopie.
Finlande
- Collier de la Rose Blanche
France
Grand-croix de l'ordre de la Légion d'honneur, 1924
Médaille militaire 1954
Grèce
- Grand-croix de l'Ordre du Sauveur
Iran
- Grand collier de l'ordre des Pahlavi (1964)
- Médaille du 2500e anniversaire de la fondation de l'empire perse 1971
Italie
- Collier de l'ordre suprême de la Très Sainte Annonciade (Maison de Savoie), 1928
- Grand-croix de l'ordre du Mérite de la République italienne
Japon
- Collier de l'ordre du Chrysanthème
Kenya
- Grand-commandeur de l'ordre du Cœur d'Or du Kenya
Liban
- Grand-croix de l'ordre national du Cèdre
Liberia
- Grand-Chevalier de l'ordre des Pionniers du Liberia
Libye
- Collier de l'Ordre d'Idris Ier de Libye
Luxembourg
- Chevalier de l'ordre du Lion d'or de la Maison de Nassau
Mexique
- Collier de l'ordre de l'Aigle aztèque, 1954
Nigeria
- Grand-commandeur de l'ordre de la République fédérale du Nigéria
Norvège
- Grand-croix de l'ordre de Saint-Olaf, 1949
Pays-Bas
- Grand-croix de l'ordre du Lion néerlandais
Pérou
- Grand-croix de l'ordre du soleil
Portugal
- Grand-croix de l'Ordre du Christ du Portugal
- Grand-croix de l'Ordre de Saint-Jacques et Aviz du Portugal
Royaume-Uni
- Chevalier de l'ordre de la Jarretière (KG), 1954
- Chevalier grand-croix de l'ordre du Bain, 1924 (GCB)
- Chevalier grand-croix de l'ordre de Saint-Michel et Saint-George (GCMG), 1917
- Collier de l'ordre royal de Victoria (GCVO), 1930
Sénégal
- Grand-croix de l'ordre du Lion du Sénégal
Suède
- Grand-croix de l'ordre des Séraphins, 1954
Syrie
- Grand-Cordon de l'ordre des Omeyyades
Thaïlande
- Étoile de l'ordre de la Maison Royale de Chakri
Togo
- Grand-croix de l'ordre du Mono (1960)
Union soviétique
- Chevalier de l'ordre de Souvorov 1959
Vatican
- Collier de l'ordre de Pie IX
Venezuela
- Collier de l'ordre du Libérateur Simon Bolivar
Yougoslavie
- Grand-croix de l'ordre de l'Étoile yougoslave
- Divers
- Encens de la Vierge
- Et d'autres décorations étrangères prestigieuses
Notes et références |
Notes |
Ordonné prêtre en 1911, il se fit alors appelé abba Samuel. Il est décédé lors de l'accident du lac Haramaya qui faillit également coûter la vie à Tafari (Sellassie 1976, p. 42-43) en 1915.
Un épisode repris tel quel par Boot et Thomas 2012, p. 62 dont les auteurs ne semblent pas avoir lu l'analyse de Juniac 1994, p. 371
Le texte, traduit en anglais, a été publié dans les recueils officiels de discours Selected Speeches, p. 368-378 et Important Utterances, p. 460-471 avec, toutefois, une erreur quant à la date à laquelle le discours a été prononcé, puisqu'il y est indiqué par deux fois le 6 octobre 1963. Cependant, les archives du New York Times attestent bien que le discours a été prononcé le 4 octobre, de même que les archives photographiques des Nations-Unies.
Références |
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Autobiographie, p. 25
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Bibliographie |
Sources |
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(en) Harold G. Marcus, Haile Selassie I : The Formative Years (1892-1936), Berkeley, University of California Press, 1987 (réimpr. 1996, 1998 (The Red Sea Press)).- Alain Rouaud, Le Negus contre l'esclavage. Les édits abolitionnistes du ras Tafari, 1921, 1924, 1931 : contexte et circonstances, Paris, ARESAE, 1997
- Denis Gérard, Ras Tafari. Haïlé Sélassié, Apt/Barcelone, L'Archange Minotaure, 2006(ISBN 2-914453-81-7)
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- [Sohier 2011a] Estelle Sohier, Portraits controversés d'un prince éthiopien, Iyasu 1897-1935, Apt, L'Archange Minotaure, 2011
Articles |
- Delphine Lecoutre, « L’Éthiopie et la création de l’OUA », Annales d’Éthiopie, vol. 20, 2004, p. 113-147 (lire en ligne)
- [Sohier 2011b] Estelle Sohier, « Le corps des rois des rois dans la ville : Ménélik II et Haylé Sellasé à Addis Abeba », Afriques, vol. 3, 2011(lire en ligne)
- Estelle Sohier, « Addis-Abeba et le couronnement de Hāyla Sellāsē. Mise en scène d'une ville, réinvention d'une cérémonie », Annales d'Éthiopie, Paris, vol. 28, 2013, p. 177-202 (ISBN 978-2-7018-0368-5, ISSN 0066-2127, lire en ligne)
- Boris Monin, « Le voyage du rās Tafari en Europe (1924) : entre espoirs d’indépendance et réalités coloniales », Annales d'Éthiopie, Paris, vol. 28, 2013, p. 69-116 (ISBN 978-2-7018-0368-5, ISSN 0066-2127, lire en ligne)
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Jeux vidéo |
- Hailé Sélassié est le dirigeant de l’Éthiopie dans l'extension Gods and Kings du jeu Civilization V.
Articles connexes |
- Jah Rastafari
- Liste des rois des rois d'Éthiopie
- Liste des chefs d'État de l'Éthiopie
Liens externes |
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- Bibliothèque royale des Pays-Bas
- Bibliothèque nationale d’Israël
- Bibliothèque universitaire de Pologne
- Bibliothèque nationale de Suède
- WorldCat
Haïlé Selassié Ier, « Discours devant la troisième Assemblée ordinaire de l'OUA » [PDF], sur Scribd.com, 5 novembre 1966.- (en) « Conseil de la couronne d'Éthiopie (The Crown Council of Ethiopia) » (consulté le 11 novembre 2015)
- (en) John Duncan McMeekin, « Liste complète des décorations reçues par l'empereur Haïlé Sélassié Ier » [PDF], sur coleccionesmilitares.com (consulté le 11 novembre 2015)
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