Thème (Empire byzantin)





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Les thèmes en Asie Mineure vers 750.




Les thèmes en Asie Mineure vers 950.




Les thèmes de l'Empire byzantin à la mort de Basile II en 1025.


Les thèmes (ou en grec themata, singulier thema, « corps d'armée », puis par extension « région militaire ») ont constitué des divisions administratives de l'Empire byzantin.




Sommaire






  • 1 Contexte


  • 2 Organisation administrative


  • 3 Liste des thèmes


  • 4 Notes et références


  • 5 Bibliographie





Contexte |


Durant la fin du VIe et le début du VIIe siècle, l'Empire byzantin subit les assauts de toutes parts. Les Perses au sud et à l'est attaquent les possessions byzantines en Syrie, en Égypte et en Anatolie. Les Slaves et les Avars attaquent l'Illyrie, la Thrace, la Macédoine et même parfois le Péloponnèse, tandis que les Lombards se déplacent et pillent librement le nord de l'Italie sans rencontrer de résistance. La population des cités diminue, nombre d'habitants retournant dans les campagnes pour cultiver la terre par nécessité. Avec les guerres menées simultanément à l'est et à l'ouest, les caisses du trésor impérial demeurent vides et les généraux en révolte ouverte. En outre, l'empire s'appuie énormément sur les mercenaires pour mener ses guerres, ce qui n'allège pas les finances publiques. C'est dans ces circonstances qu'Héraclius monte sur le trône et met en œuvre certaines réformes qui permettent la création des thèmes.



Organisation administrative |


Réinstaurer le système républicain d'une armée de citoyens payée avec des fonds de terre et qui avait fait la force de la République romaine constitue l'objectif d'Héraclius. Il commence donc par distribuer de la terre aux soldats en échange d'une charge militaire héréditaire, et tout cela à coût réduit pour l'empire.


À la fin du VIIe siècle, les anciennes divisions administratives (provinces et diocèses) de l'Empire byzantin sont remplacées progressivement par les thèmes, circonscriptions à la fois administratives et militaires, qui combinent la tradition romaine des soldats-paysans (stratiotes) et l’expérience faite dès le VIe siècle avec la création des exarchats (de Ravenne et de Carthage) et les réformes d'Héraclius. Le stratège, qui dirige le thème, obtient la totalité des pouvoirs civils, militaires et fiscaux. Les thèmes ne coûtaient pratiquement rien à l'empire : il concédait une terre aux soldats qui en retour promettaient de la défendre inconditionnellement. Les soldats n'étaient techniquement pas propriétaires de la terre et donc la paie du soldat était réduite à l’usufruit. En acceptant cette proposition, le soldat s'engageait aussi à ce que ses descendants servent dans l'armée. Cela réduisait donc la nécessité de conscriptions forcément impopulaires et la taille de l'armée était augmentée à bon compte.


Le stratège est assisté de son lieutenant, le domestique du thème, de son intendant militaire, le chartulaire du thème, d'un administrateur financier, le protonotaire du thème et de l'intendant, le comte de la tente. Une foule de fonctionnaires supérieurs leur sont subordonnés : des fonctionnaires militaires comme les comtes, les topotérètes, les drongaires, les clisurarques, les centarques et des fonctionnaires civils comme les comtes des aqueducs, les directeurs des manufactures impériales, les curateurs des palais et des domaines de l'empereur. Le thème est lui-même divisé en deux ou trois tourmes (du grec tourma) dirigées par des tourmarques. Les tourmes se subdivisent elles-mêmes en vexia, numeroi ou banda (un bandon est formé de 300 à 400 hommes).


Les thèmes sont placés sous la direction de deux grands bureaux de l’administration centrale (άνατολή en Orient et δύσις en Occident) sous le commandement d'un domestique des thèmes.


Au cours du temps, certaines familles de militaires deviennent des aristocrates régnant sur de très vastes territoires, qui leur fournissent ressources et pouvoir. Ces familles, telles les Doukas, Comnène, Ange, Lascaris ou Paléologue, jouent un rôle non négligeable dans l'histoire de l'Empire byzantin.


Les contingents (premier sens du mot « thème ») qui se fixent sur les premiers thèmes leur donnent leur nom : Opsikion (garde impériale), Arméniaques (contingent rapatrié d’Arménie), Anatoliques (armée d’Orient), etc.


Les premiers thèmes :




  • 667 Arméniaques


  • 669 Anatoliques


  • 680 Opsikion


  • 680-685 Thrace


  • 695 Hellas


À la fin du IXe siècle, l'Opsikion est divisé en deux : Opsikion au nord-ouest et Bucellaires au nord. De même, le thème des Anatoliques fut amputé de celui des Thracésiens au sud-ouest de l'Anatolie. Ces divisions interviennent essentiellement pour contrer les usurpateurs tentés de s'appuyer sur un thème pour se proclamer empereur, comme le fit Léon III en 717.


À partir de 927, les Byzantins, ne craignant plus les Bulgares, partent en campagne contre les musulmans et les font reculer grâce aux grands généraux de l'époque, comme Jean Kourkouas, Nicéphore II Phocas ou Jean Kourkouas dit « Tzimiskès ». Cette poussée expansionniste tout au long du Xe siècle et l'extension des frontières orientales vont conduire à la création de nouveaux thèmes : ceux de Chypre, de Sébastée, de Mésopotamie, de Séleucie et de Lykandos. Le thème chypriote est créé en 965 après la reconquête de l'île par Nicéphore II.



Liste des thèmes |


Cette liste reprend les thèmes établis lors de la période s'étendant de l'instauration du système thématique vers 660 jusqu'au début des conquêtes vers 960 et la création de nouveaux thèmes plus petits[1].






























































































































































































































































































































Thème
Date
Établi à partir de
Divisions ultérieures
Capitale
Territoire originel
Villes

Anatoliques
(thema Anatolikōn)

ca. 669/670

Cappadoce§ (830)

Amorium

Phrygie, Pisidie, Isaurie

Iconium

Arméniaques
(thema Armeniakōn, Armeniakoi)

ca. 667/668

Chaldée (vers 824), Charsianon§ (863), Koloneia (863), Paphlagonie (vers 826)

Amasée

Pont, Arménie Mineure, Cappadoce septentrionale, Paphlagonie

Sinope, Amisos, Trébizonde, Néocésarée, Théodosioupolis

Bulgarie

1019

Premier Empire bulgare
Devient un catépanat puis un duché

Skopje

Bulgarie

Ochrida

Bucellaires
(thema Boukellariōn, Boukellarioi)

ca. 767/768
Opsikion
Paphlagonie (en partie), Cappadoce (en partie), Charsianon (en partie)

Ancyre

Galatie, Paphlagonie


Cappadoce§
(Kappadokia)

ca. 830
Armeniaques, partie des Bucellaires

Koron

Cappadoce du Sud-Ouest


Céphalonie
(Kephallēnia)

ca. 809
ex-archontia de l'Hellas

Longobardie, Nicopolis


Îles Ioniennes, Apulie


Chaldée
824 ou 840
originallemment une tourma des Arméniaques


Trébizonde

Pont


Charsianon§

863–873
originellement une tourma des Arméniaques, et partie des Bucellaires


Césarée

Cappadoce du Nord-Ouest


Cherson/Klimata
(Chersōn/Klimata)


ca. 833



Cherson

Crimée


Cibyrrhéotes
(thema Kibyrrhaiotōn, Kibyrrhaiotai)

ca. 697/698 ou ca. 720
Créé à partir de la flotte des Karabisianoi
Égée, Samos
Samos, puis Attalée

Pamphylie, Lycie, Dodécanèse, îles Égéennes, côte ionienne


Crète
(Krētē)

ca. 760 (?), 961



Chandax

Crète

Réthymnon, Gortys

Chypre
(Kypros)
965



Nicosie

Chypre

Citium, Limassol, Paphos, Keryneia

Colonée

ca. 863
Arméniaques



Arménie Mineure septentrionale

Koloneia, Satala, Nicopolis

Dalmatie

ca. 899



Spalaton

Dalmatie


Dyrrhachium
(Dyrrhachion)

ca. 842



Dyrrhacheion
côte de l'Épire

Aulon, Apollonie

Égée
(Aigaion Pelagos)

ca. 842/843
Cibyrrhéotes


Mytilène ou Méthymne

Lesbos, Lemnos, Chios, Imbros, Ténédos, Hellespont


Hellas

ca. 690

Karabisianoi

Céphalonie (vers 809), Péloponnèse (vers 811)

Corinthe, Thèbes (après 809)
Initialement Péloponnèse oriental et Attique ; après 809 Grèce centrale et Thessalie
Après 809 : Athènes, Larissa, Pharsale, Lamia

Longobardie

ca. 892

Céphalonie


Bari

Apulie

Tarente

Tephrike/Leontokome§

ca. 940

Kleisoura ca. 879


Téphrikè

Cappadoce du Nord-Ouest


Lykandos
(Lykandos)

ca. 916


Lykandos

Cappadoce du Sud-Est


Macédoine
(Makedonia)

ca. 802

Thrace


Adrianople

Thrace orientale

Didymoteichon, Mosynopolis

Mésopotamie

ca. 911, peut-être ca. 899–901




Arménie, Commagène


Nicopolis
(Nikopolis)

ca. 899



Naupaktos

Épire, Étolie, Acarnanie


Opsikion
(Opsikion)

ca. 680

Bucellaires (vers 768), Optimates (vers 775)


Bithynie, Galatie, Paphlagonie


Optimates
(thema Optimatōn, Optimatoi)

ca. 775
Opsikion


Nicomédie

Bithynie


Paphlagonie

ca. 826, probablement ca. 820
Arméniaques, Bucellaires (en partie)


Amastris

Paphlagonie

Gangra, Tion

Péloponnèse
(Peloponnēsos)

ca. 811
Hellas en partie
Nicopolis (ca. 899)

Corinthe

Péloponnèse


Samos

ca. 899
Cibyrrhéotes


Smyrne

Îles Égéennes orientales et méridionales, côte ionienne


Sébastée

ca. 911



Sébaste

Cappadoce du Nord-Est


Sicile
(Sikelia)

ca. 700



Syracuse

Sicile et Calabre


Strymon§
(Strymōn)

ca. 899

Thrace, ex-Clisura/Kleisoura (709)


Adrianople

Macédoine-Orientale-et-Thrace actuelle

Kavala

Thessalonique
(Thessalonikē)

ca. 824



Thessalonique

Macédoine-Centrale actuelle

Béroia, Édessa, Dion

Thrace
(Thrakē)

ca. 680
Opsikion


Arcadiopolis

Thrace orientale, exceptée Constantinople

Selymbria, Bizye

Thracésiens
(thema Thrakēsiōn, Thrakēsioi)

ca. 687



Chônai

Lydie, en Asie mineure


Notes :
Thèmes maritimes (θέμα ναυτικόν)
§ Originellement kleisoura



Notes et références |



(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Theme (Byzantine district) » (voir la liste des auteurs).



  1. Haldon 1999, p. 86–87



Bibliographie |



  • John F. Haldon, Byzantium in the Seventh Century: The Transformation of a Culture, Cambridge University Press, 1990(ISBN 978-0-521-31917-1, lire en ligne)

  • John F. Haldon, Warfare, state and society in the Byzantine world, 565–1204, Routledge, 1999(ISBN 1-85728-494-1, lire en ligne)




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